SÉGOU VILLE CRÈATIVE

Projet Ségou Ville Créative
Sébougou (Ségou),
tel 00223 76 12 89 04 / 63 44 97 86
E-mail : segouvillecreative@gmail.com

Kalabougou

Le petit village de Kalabougou se situe à une dizaine de kilomètres de Ségou, sur l'autre rive du Niger. On peut facilement accéder à Kalabougou en pinasse (pirogue à moteur).

Kalabougou est un ancien village datant de l'époque de Biton Coulibaly. C'est un village tranquille, bercé par le rythme du fleuve Niger, et vivant essentiellement de l'artisanat. La tradition de la poterie y est très ancienne et réputée de longue date. On y utilise encore des procédés manuels uniques. Les habitants de Kalabougou sont en majorité issus de la communauté Bambara, les Numus (forgerons). Certains hommes du village exercent encore leur activité de forgeron, tandis que ce sont les femmes qui pratiquent la poterie. La qualité de la poterie traditionnelle du village est réputée à Bamako et dans tout le Mali. Pendant la semaine, les femmes s'activent à leur travail de potières.

Le mardi, on recueille l'argile dans les fonds de marigots. Puis l'argile est placée dans des paniers que les femmes transportent jusqu'au village. L'eau est acheminée depuis le Niger, en fûts.

Les femmes pétrissent ensuite la pâte avec la houe et leurs pieds. Les potières façonnent à la main, sans four, les pots et ustensiles de cuisine. Les ustensiles de cuisine sont nombreux : marmites, gargoulettes, braseros à encens, feradas etc... Ces pots et ustensiles sont de toute taille et la complexité des formes varie en fonction de l'expérience de la potière. Vient ensuite la finition du travail de poterie avec séchage, lustrage, coloration des pots à base de graines de baobab, décoration.

C'est le week-end qu'a lieu la cuisson des pots : le samedi après-midi ou bien le dimanche, dans le quartier des forgerons, sur la grande place du village. Le mode de cuisson des poteries resté traditionnel est très impressionnant et la préparation du foyer est une étape longue. Les pots sont disposés en rond, recouverts de fagots de bois, branches, puis de paille, à laquelle on met le feu. Ce système permet au feu de couver. La température peut s'élever jusqu'à 600 ou 800 degrés !

C'est spectaculaire !

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Une fois cuites, les poteries sont chargées sur des pirogues qui traversent le fleuve, en direction de marché de Ségou le lundi. De Ségou, les poteries sont souvent acheminées jusqu'à Bamako où les prix sont multipliés par 5 ou 6, parfois plus.

Le village de Kalabougou, connu également comme le village des potiers se situe à une dizaine de kilomètres de Ségou au Mali, sur l'autre rive du fleuve Niger. Il fait parti des destinations touristiques de la région.

Le travail de la poterie est essentiellement imparti aux femmes, les hommes, issus de la communauté Bambara, conservant les activités liées au travail du métal, socialement plus valorisantes. Dans le village, chaque famille se charge d'une partie du travail.

Dans la caste des niamakalaw, à coté des griots (les gens de la parole), les forgerons jouent un rôle éminent dans la société traditionnelle bambaras : ils fournissent les instruments de travail (houes, pioches, …) et leurs femmes, très logiquement, fabriqueront les poteries de terre cuite qui serviront aux autres femmes de la société. La cuisson se fait à feu ouvert chaque fin de semaine. Elle dure environ 30 min, atteignant une température de 600 à 800 degrés. Les poteries encore brûlantes sont soit étouffées sur un lit de feuillage de kundié séché, pour obtenir une teinte noire, soit trempées dans une décoction de fruits écrasés de kaki de brousse et d'écorce de Ngonde pour obtenir la finition rouge.

Longtemps, les forgerons ont eu le monopole de la circoncision des garçons, et leurs femmes celle de l’excision des filles (aujourd’hui dans de nombreux cas, c’est le médecin qui fera l’opération).

Dans la société traditionnelle, tout prend sens, les rôles et fonctions sociales sont strictement régulés. Le village de Kalabougou est un village de forgerons et de potières.

Elles y fabriquent des poteries utilitaires vernissées à la main (technique du colombin), sans tour. Le savoir est ancestral, et la technique n’a jamais évolué depuis les temps les plus anciens. C’est sans doute cette rusticité qui fait le charme authentique des poteries des femmes de Kalabougou.

Le village est accessible en pirogue seulement : une belle occasion de ballade sur le fleuve Niger, et en profiter pour remonter en aval du fleuve, entre les îlots à la nature préservée et à la flore et faune préservées (oiseaux surtout)

Et aussi le Centre Soroble au bord du fleuve.

Dans la rue de l’Auberge, qui mène au fleuve, nombre d’artisans présentent leur travail : sculpteurs sur bois, maroquiniers, travail du cuir par des touaregs, ….Des revendeurs présentent aussi des masques, des tissus, des chaussures, des colliers, des panneaux décoratifs. Un peu de patience, et beaucoup de palabres, pour faire de vous l’heureux détenteur d’un objet rare et original.